Chaque année, c'est le même scénario. Les Championnats du Monde approchent, un deck un peu oublié fait un gros résultat en stream, et le lendemain les prix de ses cartes clés doublent. Cette année, les Worlds se déroulent à San Francisco au mois d'août. Il reste donc quelques mois pour se positionner intelligemment. Voici comment je vois les choses.
Pourquoi les Worlds font bouger les prix
Les Mondiaux, c'est le plus gros événement de l'année pour le jeu compétitif. Des milliers de spectateurs regardent les matchs en direct. Quand un joueur japonais ou brésilien sort un deck surprise et va loin, tout le monde veut le construire le lendemain.
Il y a aussi un effet collection. Les cartes associées à un champion du monde gardent souvent une petite aura. Et les produits promos des Worlds, comme les decks de championnat, ont leur propre petit marché.
Mais attention : le pic de prix dure rarement. Une carte jouable qui explose en août retombe souvent dès la rotation suivante. Il faut savoir dans quel camp on joue : joueur ou collectionneur.
Pour les joueurs : sécurisez les staples maintenant
Si vous comptez jouer en tournoi cet été, le bon moment pour acheter vos cartes, c'est maintenant, pas en juillet. Les régionaux de printemps donnent déjà une bonne idée de la méta.
Les cartes à surveiller sont celles qui tournent dans plusieurs decks :
- Les Dresseurs polyvalents qui se retrouvent en quatre exemplaires dans la moitié des listes. Ce sont souvent eux qui montent le plus vite, parce que tout le monde en a besoin.
- Les Pokémon ex des decks Méga-Évolution qui ont fait des résultats réguliers cette saison. Méga-Gardevoir ex et Méga-Lucario ex ont beaucoup fait parler d'eux.
- Les cartes moteur (pioche, recherche) qui ne sont pas glamour mais indispensables.
Mon conseil : achetez les versions normales, pas les illustrations spéciales, si c'est pour jouer. La différence de prix est énorme et ça ne change rien sur la table.
Pour les collectionneurs : regardez plus loin que la méta
Si vous collectionnez, la logique est différente. Les cartes de méta jouées en version normale ne prendront pas de valeur sur le long terme. Ce qui peut prendre de la valeur, ce sont :
- Les illustrations spéciales des Pokémon stars qui se retrouvent mis en avant pendant les Worlds. Un Pikachu, un Dracaufeu, un Évoli, ça marche toujours.
- Les promos Worlds distribuées sur place, surtout en état parfait. Peu de gens les ramènent en Europe.
- Les cartes japonaises des decks qui gagnent. Les collectionneurs japonais suivent la compétition de près.
Le cas des decks de championnat
Les World Championship Decks sortent après l'événement et reprennent les listes des meilleurs joueurs. Les cartes ont un dos doré et ne sont pas légales en tournoi. Ce sont de jolies pièces, mais leur valeur reste modeste sauf pour certaines années mythiques. Ne les achetez pas en pensant faire fortune.
Les erreurs à éviter
J'ai fait toutes ces erreurs au moins une fois :
- Acheter pendant le stream. Quand une carte est déjà à l'écran en finale, c'est trop tard. Vous achetez le pic.
- Spéculer sur des cartes qui sortent de rotation. Vérifiez toujours le bloc légal de la saison suivante avant d'acheter.
- Acheter en masse. Revendre 20 exemplaires d'une carte de méta, c'est des frais d'envoi, des commissions, et du temps. La marge fond vite.
L'an dernier, j'avais pris une dizaine d'exemplaires d'une carte Dresseur juste avant les Worlds. Elle a pris 3 € chacune. Après frais Cardmarket et envois, j'ai gagné à peu près de quoi payer un kebab. Leçon retenue.
Ce que je fais cette année
Je complète mon deck de tournoi dès maintenant, avant les derniers régionaux. Je garde un petit budget pour une ou deux illustrations spéciales de Pokémon que j'aime vraiment, pas seulement pour la spéculation. Et je regarderai les Worlds en direct, café à la main, sans toucher à mon compte Cardmarket.
Vous avez déjà repéré une carte que vous sentez monter cet été ? Partagez votre pronostic, on fera le bilan après San Francisco.
Image : © The Pokémon Company International / Pokémon TCG — Source : pokemontcg.io
